Blog voyage épistolaire

Le voyage en auto-stop

La première fois, ça partait d’une blague. Un week-end prolongé, l’envie de partir mais pas une thune. « Et si on faisait du stop ? » Le truc, c’est que Marine a dit oui. Et quelques jours plus tard, je me retrouve, un peu stressée, à tendre le pouce sur le bord d’une route. Sur mon ardoise, j’ai inscrit « 10 km = 1 œuf de Pâques ». Je pensais que ça allait nous aider, mais ça a été inutile. Les conducteurs nous proposaient spontanément de monter avec eux… Nous n’avons même pas eu le temps de faire une pause repas tant les voitures s’enchaînaient, et nous sommes arrivées à Collioure en un clin d’œil. En fait, le stop, c’est facile.

Non seulement c’est facile – ça permet de voyager même sans une thune – mais ce qui m’a marqué après cette première expérience, ce sont toutes les rencontres. Rentrer dans la voiture de quelqu’un, c’est rentrer dans son intimité l’espace de quelques instants. Tu décides de lui faire confiance, il décide de te faire confiance. Et tu as quelques kilomètres pour faire connaissance.

Ce qu’on ne peut pas imaginer avant de faire du stop, c’est l’intensité de ces rencontres. Elles sont éphémères. Parfois, tu ne connais même pas le prénom du conducteur. Il va bientôt disparaître de ta vie à jamais. Mais elles en sont plus fortes. Pourquoi cacher quelque chose à quelqu’un qu’on ne va jamais revoir ?

Tu le devines, je suis vite devenue accro au stop. Je dédiais à toutes ces personnes rencontrées sur la route la première lettre de ce blog. Et il y en a eu tellement après.

J’ai voyagé de nouveau en stop avec Marine. Jusqu’à Amsterdam et jusqu’à Vienne. Et j’ai filé le virus à Léo. Nous sommes allés jusqu’au Danemark, jusqu’en Russie, jusqu’en Slovénie. Nous avons fait le tour de l’Islande et parcouru la côte portugaise en stop…

Tu trouveras ici tous les récits de mes voyages en stop.

J’ai désormais quelques milliers de kilomètres au compteur. Et pas une mauvaise expérience.

Et si je t’ai donné envie de t’essayer au stop, voici quelques conseils.

0 km
parcourus en stop

Mes conseils pour faire de l'auto-stop :

Si tu ne sens pas quelqu’un, même si tu ne peux pas l’expliquer, ne monte pas dans la voiture. Mieux vaut être impoli que prendre des risques pour ta sécurité.
Sur la route qui va dans la bonne direction et à un endroit où tu es en sécurité et où les voitures peuvent s’arrêter en sécurité pour te faire monter. Tu peux utiliser HitchWiki pour trouver le spot parfait : c’est une carte collaborative et commentée. Très utile !
Dans certains cas de figure, je te conseille d’utiliser une ardoise blanche pour indiquer ta destination ou une étape. Si elle est toute proche ou s’il y a plusieurs directions possibles là où tu es par exemple. Je la trouve plus pratique qu’un carton qu’il faut trouver et qui craint l’eau. Mais elle est plus petite, et donc moins lisible de loin. Sinon, tendre le pouce, c’est toujours très efficace. À noter : le signe peut être différent selon les régions du monde, renseigne-toi avant. En Asie par exemple, il faut mettre la main à plat devant soi et la bouger de haut en bas quand une voiture passe.
Même si tu en as marre, même si ça fait longtemps que tu attends, même s’il pleut. Souris et essaie d’accrocher le regard du conducteur. Sa décision se prend en une seconde à peine et est souvent basée sur la première impression que tu lui fais. Alors il faut avoir l’air sympa, le genre avec qui on peut discuter pour égayer un long trajet de voiture. Le genre qui ne va pas nous égorger une fois la portière fermée, aussi.
Si le contexte le permet, fais ce qu’on appelle du stop actif. Va parler directement aux conducteurs en te présentant et en leur demandant où ils vont. C’est idéal sur les stations-services. On n’a rien inventé de plus efficace, crois-moi !
Une fois dans la voiture et que tu sais où va ton conducteur, regarde ce qui vous arrange tous les deux. Ça permettra qu’il ne cherche pas et qu’il ne te dépose pas quelque part où tu seras coincé. Favorise un endroit d’où tu pourras repartir facilement : la route principale, une station essence, un péage… Des fois il n’y a rien de pratique sur son itinéraire. S’il n’est pas pressé, tu peux demander à faire un petit détour en lui trouvant un itinéraire bis.
Si on te propose de te déposer sur l’autoroute, refuse. Tant pis, prends la sortie avec ton conducteur, celle qui n’est pas sur ta route, celle qui te demande de rebrousser chemin, celle qui ne t’arrange pas du tout du tout. Mais on s’en fout. La sécurité prime. Tu trouveras toujours une solution.
Fais confiance et profite à fond !
Fermer le menu