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lever de soleil grande muraille de Chine

Pékin est derrière nous. Pékin et ses palais colorés, Pékin et sa foule, Pékin et ses mets non identifiés. Pékin qui marque la fin d’un beau voyage et la réussite de notre défi d’aller de Lyon à Pékin sans avion.

Enfin, la fin, pas tout à fait. La conclusion du voyage se fera sur l’une des sept nouvelles merveilles du monde. Parce que quand même, ça en jette.

Par la fenêtre du bus, j’observe le paysage qui se couvre petit à petit de montagnes vertes. C’est chouette, je préfère ça aux immeubles. Je lis et relis la page Wikipédia sur la grande muraille de Chine. Savais-tu qu’elle fait plus de 6000 km ? Qu’elle a été construite en plus de 2000 ans ? Que 10 millions d’ouvriers seraient morts pour sa construction (ce qui fait en gros 1500 morts pour chaque kilomètre construit…) ? Que c’est la plus grande réalisation humaine de notre Histoire ? C’est intimidée par ces chiffres que je l’aperçois pour la première fois. Furtivement, au loin, avant de rentrer dans un tunnel.

Deux heures après avoir quitté la capitale chinoise, nous descendons du bus. Nous sommes à Jinshanling et une voiture est venue nous chercher. Nous empruntons un petit chemin qui grimpe jusqu’à un village qui s’appelle DongPo et je ne peux m’empêcher de nous y imaginer à moto. Souvenirs de Mongolie.

Nous arrivons dans une maison familiale où nous sommes directement accueillis par une bière fraîche.

La famille Liu Hanqiang loue ici quelques chambres qui se font connaître par le bouche à oreille. J’avais découvert leur contact sur le blog de Benoît et Fabienne, novo-monde.com (merci !).

Nous nous attablons aux côtés de François-Xavier et d’Hélène, les deux autres locataires de la guest house, un couple de français, avec qui nous passons une chouette soirée. Les plats s’enchainent à l’infini. C’est un véritable festin qui nous est servi. Nous nous régalons avec, en bonus, une vue sur la grande muraille, magnifiquement éclairée en cette nuit noire.

Une poignée d’heures plus tard, nous sommes tous les quatre réveillés par un copieux petit déjeuner. Il est 4h. Pas le temps de traîner, nous partons voir le lever de soleil sur la grande muraille de Chine. Il y a des matins, comme ça, où je ne râle pas trop de me lever à 4h.

Quand Benoît et Fabienne y étaient allés, le tronçon n’était pas encore totalement restauré et on pouvait y accéder à pied depuis l’auberge. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Nous avons été conduits en voiture jusqu’à l’entrée et nous avons acheté nos deux entrées 130 yuans.

Premiers pas sur la grande muraille de Chine. Ça me parait dingue d’être là.

Le paysage est très embrumé, mais déjà magnifique. La muraille est enclavée dans d’innombrables montagnes qui forment un superbe camaïeu de bleus/verts selon la distance. Et la muraille serpente gracieusement sur plusieurs sommets. J’ai l’impression d’être dans une vieille estampe chinoise.

Nous nous installons pour le lever de soleil mais ne le devinons qu’à peine à travers la brume. Qu’importe, nous en prenons plein les yeux ! Et nous sommes complètement seuls.

Nous commençons par nous balader sur une partie qui n’est pas restaurée et où la végétation se mélange à la pierre. C’est vraiment trop beau.

Nous regardons à l’Ouest, ce qui était la Mongolie. Difficile d’imaginer ce que devait ressentir un soldat, sur cette même muraille, qui voyait avancer une redoutable armée. Difficile d’imaginer ce que devait ressentir un soldat, dans cette armée tant redoutée qu’elle a inspiré cette construction hors du commun.

Nous faisons demi-tour et poursuivons sur le tronçon rénové. C’est seulement au bout de plusieurs heures que nous croisons les premiers visiteurs. Nous nous saluons, faisons quelques selfies (parce que oui, nous sommes un peu des stars en Chine). Nous sommes bien loin de la foule des tronçons de la muraille comme Badaling ou Mutianyu, tous près de Pékin.

Nous grimpons beaucoup. Les marches sont parfois très hautes, toujours irrégulières. Les côtes sont parfois raides, sans marches, j’ai souvent l’impression de progresser à la verticale. Puis nous redescendons, puis nous remontons, puis nous redescendons… Nous crapahutons ainsi sept heures durant, chanceux d’être là, émerveillés.

Après cette randonnée, François-Xavier et Hélène retournent à Pékin tandis que nous retournons dans la famille Liu Hanqiang qui nous attendait pour déjeuner.

Nous avions réservé une nuit supplémentaire dans l’auberge, ce qui n’était pas vraiment nécessaire, mais ce qui nous a permis d’admirer le coucher de soleil sur la grande muraille de Chine. La boucle est bouclée.

Je t’embrasse.

Léa

Infos pratiques

Pour réserver une chambre dans la maison de la famille Liu Hanqiang, il faut les contacter via l’application de messagerie WeChat au +8613613143252. Ils parlent un peu anglais et donnent toutes les informations nécessaires pour arriver jusqu’à DongPo par message. 

Pour résumer, il faut prendre, depuis Pékin, le bus qui va en direction de Luamping (ils envoient la photo du bon bus et tout et tout) et s’arrêter à Jinshanling (le chauffeur vous avertira), environ 2h plus tard. Un chauffeur vous attend alors pour vous conduire dans la guest house. Pensez bien à envoyer un message quand vous partez de Pékin.

Le prix est de 300 yuans par personne et par nuit (ce qui est assez cher en Chine) mais ce qui inclut les excellents repas (dîner et petit déjeuner) et les trajets.

Le tronçon de la grande muraille est désormais rénové et payant (65 yuans).

Toutes les informations en anglais sur la page simataiguesthouse.com.

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Cet article a 2 commentaires

  1. Cela semble irréel… Tes photos sont incroyables et me donnent envie d’aller sur cette muraille de Chine dont je connaissais bien entendu l’existence, mais que je n’avais jamais vraiment envisagé de voir en vrai. Peut-être un jour…
    En attendant, cela devait être fantastique de se tenir là où des centaines d’années avant se tenaient des soldats, contemplant un paysage semblable.

    1. Oui, c’était vraiment magique. Je te souhaite de pouvoir y aller aussi un jour ! 🙂

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