Blog voyage épistolaire

Je suis nomade. J’écris ces mots pour les voir, pour comprendre. J’ai encore du mal à réaliser.

Je suis nomade. Je t’écris depuis la tente, dans les bois. Léo est à côté de moi, nous sommes nomades.

***

Te souviens-tu de cette fois où je t’avais parlé de ce rêve un peu fou ? C’était il y a longtemps déjà. Tu n’avais pas vraiment cru que je le ferai. Je vieillis ; autour de moi mes amis achètent des maisons, se marient et ont des enfants. Moi aussi j’aurais envie de me poser, c’est certain.

Pourtant, pendant tout ce temps, je me suis préparée. Le rêve est devenu projet. Chacun de mes choix est allé dans ce sens.

Et puis j’ai rencontré Léo qui s’est laissé embringuer avec plaisir dans l’aventure. Je me rends compte de la chance que j’ai. Je n’ai plus de chez moi, mais je l’ai lui comme point d’ancrage. Nous avons travaillé dur et fait des sacrifices pendant près de deux ans pour en arriver là aujourd’hui, dans cette tente, dans les bois, à ne posséder que ce qui rentre dans nos sacs à dos. Nous sommes nomades.

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On me demande souvent pourquoi. J’ai beaucoup de mal à répondre à cette question. Je ne viens pas d’une famille qui voyage, je suis plutôt discrète et sérieuse, j’ai peur de pas mal de choses… pas trop le profil de l’aventurière. 

Pourquoi alors ? Comment a mûri ce projet de vie nomade ? C’est apparu comme une évidence pour moi. J’ai appris lors de mes premiers voyages que je me sentais bien sur la route. En mouvement. À découvrir, à rencontrer.

En voyage, la fille discrète que je suis peut se fondre dans la foule d’une ville ou disparaître dans l’immensité d’un paysage. En voyage, la fille timide que je suis parle aux inconnus, fait du stop… C’est plus facile. En voyage, la fille stressée, la fille organisée que je suis, perd un peu le contrôle et apprend à profiter, à lâcher prise, à dépasser ses peurs ou simplement à les accepter.

Je suis profondément heureuse sur la route. C’est ma place, c’est évident. Alors non, je ne me souviens pas de l’instant où je me suis formulée cette idée pour la première fois, mais ça va de soi depuis des années. J’ai une soif inépuisable de liberté. Je dois être nomade.

***

Je suis nomade pour être libre. Libre de voyager, libre de rester si j’en ai envie, libre de rentrer si c’est ce dont j’ai besoin. Je suis nomade, je suis chez moi partout.

Que se passera-t-il alors lorsque j’aurais envie de me poser ? Je me poserai. Et si la bougeotte revient, je repartirai.

Que se passera-t-il alors si l’envie de fonder une famille nous vient avant que celle de parcourir le monde ne s’estompe ? Nous nous écouterons, encore. Après tout, ça ne doit pas être si mal d’avoir le monde comme terrain de jeux.

Que se passera-t-il alors si nous en avons marre dans six mois, si nous découvrons que, finalement, cette vie n’est pas faite pour nous ? Et bien nous rentrerons, sans regret, sans frustration.

Nous sommes nomades, nous sommes libres.

***

J’ai encore beaucoup de mal à réaliser. C’est une sensation unique que d’être au commencement d’un nouveau chapitre de sa vie et d’en avoir conscience. Je suis désormais nomade.

Je te prends à témoin des quelques promesses que je me fais pour cette nouvelle vie.

Je souhaite arriver à prendre mon temps, à profiter de l’instant présent. Je souhaite savoir écouter mon intuition et lui faire confiance. Je souhaite toujours essayer de devenir une meilleure version de moi-même, apprendre de nouvelles choses et puis tout remettre en question.

Et je te promets de ne pas t’oublier, toi qui restes ; de continuer à t’aimer, aussi différentes soient nos vies. J’espère que tu comprends ce besoin que j’ai, que tu excuseras mon absence. Je ne peux pas rester, je ne serais pas heureuse. Et même si ces au-revoir me déchirent, même si je ne serai pas là pour les moments importants de ta vie, il faut que je parte. Je ne suis plus chez moi ici, c’est la route qui m’appelle.

***

Tu te demandes peut-être où nous avons choisi d’aller maintenant que nous sommes nomades, que nous sommes libres d’aller partout…

Nous voyageons en France pour commencer. Nous avons nos motos, nos sacs à dos et l’envie de mieux connaître ce beau pays que nous quittons. Puis, nous avons un aller simple pour l’Inde. Départ le 15 août. À partir de là, les plans changeront peut-être, sûrement même, mais parmi eux : celui d’acheter deux motos pour explorer le Nord de l’Inde et le Pakistan pendant six mois, celui d’aller vivre un an en Nouvelle-Zélande et d’y lancer un petit commerce ambulant, celui de rentrer en France sans prendre l’avion…

Nous verrons bien ce que la route nous réserve. J’ai hâte de le découvrir et je suis confiante, prête à le vivre à fond, quoi que ce soit.

Bons baisers depuis la route, mon chez moi.

Léa

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Cet article a 31 commentaires

  1. Salut Léa !
    Très belle lettre que tu écris ici. Je suis contente de te savoir enfin sur la route, tu avais l’air impatiente quand on s’est rencontrées en Avril !!
    Je vous souhaite que du bonheur maintenant et que vous rencontriez plein de bonnes personnes sur la route, que vous fassiez le plein de superbes expériences.
    Au plaisir de te recroiser quelque par un jour !
    Des bises,
    Candie

    1. Oui, je comptais les jours déjà ! 🙂
      Merci beaucoup Candie et au plaisir de vous recroiser au hasard d’une route !

  2. Magnifique !
    Nous nous reconnaissons totalement dans nos premiers moments de vie nomade. Tu as les mots que nous n’avions pas. Nous étions partis simplement avec deux vélos et une tente, en plein hiver, au sud de l’Espagne et du Portugal. Juste comme ça, pour profiter de notre nouvelle liberté. Les lundis matins, en particulier, étaient jouissifs.
    Bon voyage, bon vent, au plaisir de vous croiser au détour d’un chemin !

    1. Comme je comprends pour les lundis matins ! Je découvre ce plaisir, c’est une belle journée en fait ! 🙂

      Merci pour votre message. Vous avez été une inspiration aussi dans ce projet ! 🙂

      Au plaisir de vous croiser quelque part ! 😀

    1. Et les sacs à dos ! Et puis c’est qu’elle est vachement bien aussi ! 😉

  3. Joli article, c’est toujours un plaisir de te lire !

  4. J’ai adoré ce texte, dans lequel tu expliques votre démarche. Ça me rassure un peu, je comprends mieux et je vous souhaite,à tous les deux, beaucoup de joies, de découvertes, d’enrichissement personnel…etc.
    Gros, gros bisous et n’oubliez pas ceux qui restent et qui vous aiment.
    Mamie Anne

    1. Merci beaucoup ! Bises à vous deux ! 🙂

  5. Bonjour Léa,
    J’ai aimé te lire!
    C’est beau et courageux de suivre son rêve.
    Bon vent, bonne route à tous les deux!

    Astrid

  6. Et bien je te souhaite un bon nomadisme Léa. C’est amusant la description que tu fais de toi en introduction, je peux grosso modo en faire un copier-coller, c’est quasi moi.
    Bonne route, bon chemin, bon sentier, et surtout bon « profitez-en en fond ». Visiblement, pas de challenge à relever au programme, j’approuve. Quelle idée étrange qui consisterait à se mettre la pression au lieu d’embrasser la liberté !

    1. Merci Laurent !
      Non pas de challenges, mais des envies quand même, comme celle de rentrer de NZ sans avion. Mais pas de pression, surtout pas !

  7. Mais c’est top ! Hâte de suivre tout ça ! Profite, c ce qu’il faut ! La vie est un reve !!

  8. Je vous souhaite plein de belles choses !

  9. Super beau texte !
    Je comprends tellement ce besoin de liberté… Je suis contente d’avoir choisi la voie du freelancing pour bosser où je veux, quand je veux et avec qui je veux !
    Et surtout… Pouvoir voyager et me reconnecter avec ce qui compte vraiment : découvrir le monde, profiter de mes proches, prendre du temps pour moi.

    Bon voyage à vous !
    On se croisera peut-être sur la route 🙂

    Mélo

    1. On a fait les mêmes choix alors ! Merci et au plaisir de te croiser sur une une route ! ☺️

  10. Je viens de découvrir ton blog via We are backpackeuses sur fb.
    Très joli, très intéressant… et impressionnant de destinations!
    Je pars pour longtemps bientôt sur la route alors ça donne du courage pour la légère angoisse qui plane!
    J’avoue que la Tanzanie m’a fait absolument rêver me disant moi-même que je n’irai dans ces pays d’Afrique centrale regorgeant de parcs nationaux pleins d’animaux que quand j’aurai suffisamment de sous pour me payer un safari… (je voudrais bien savoir combien vous a coûter votre trip avec Arnold histoire de me donner une meilleure idée ?)
    Bravo pour ta nouvelle vie, j’y viendrais peut-être un jour..
    Enfin j’y viens pour l’année pro puisque je suis 1 an en dispo à vadrouiller mais ça reste limité dans le temps.
    Lara

    1. Hello Lara,
      Merci pour ton message !
      Pour la Tanzanie, le safari nous est revenu à 900€ chacun en prenant notre tente et notre bouffe. Donc pas cher pour le pays mais gros budget quand même. A priori l’Afrique du Sud serait beaucoup plus accessible.
      Bonne route à toi aussi du coup ! On de croisera peut être, qui sait ?

  11. Hello Léa,

    Écrire ses désirs de voyage et partager son expérience a cette vertue formidable d’en inspirer d’autres… alors merci pour ça !

    J’en toucherai un p’tit mot à ma belle étoile porte chance pour lui dire de passer vous faire des coucou aussi souvent que possible.

    Mehdi

    1. C’est en effet souvent les mots des autres qui m’ont inspirée. Ravie de pouvoir rendre un peu la pareille ! 🙂
      Merci pour ton message Mehdi ! 🙂

  12. Témoignage sensible… Into the wild (with a happy end!)

    1. Je ne connais pas encore la fin, mais je l’espère dans longtemps en tout cas !

  13. Bravo… Et bon vent
    Hâte de vous suivre
    Charlotte

  14. Cela semble incroyable et magnifique ! Vous êtes courageux et en même temps j’aimerais être ça un jour. Nomade. Bien sûr, ça dépend de ma vie future (je n’ai que 16 ans donc c’est difficile de se projeter).
    L’Inde, un magnifique voyage…
    Ton blog est magnifique ! Et les photos sur instagram aussi (je te suis là-bas également).

    1. Merci beaucoup pour tes beaux compliments Ioulia. Je te souhaite de devenir nomade un jour si ta vie prend ce chemin !

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