Blog voyage épistolaire
Voyage en transsibérien
À toi mon ami voyageur, à toi pour qui « transsibérien » est aussi synonyme de rêve, je t’embarque avec moi pour 5 jours et 7 nuits dans ce train mythique.

21 juillet, première nuit, départ de Moscou

C’est essoufflée que j’arrive sur le quai. Nous nous étions trompés de gare.
Minuit vingt. Le train est là. J’ai du mal à en croire mes yeux. Le transsibérien. Depuis combien d’années rêve-je de ce train ? Il est là. Sa locomotive rouge illumine le quai sombre. Une plaque indique qu’il va jusqu’à Vladivostok. Et moi je suis émue comme une môme qui offrirait une carotte à Rudolphe. Le transsibérien quoi.
Je tends mon précieux billet à la provodnitsa avec un sourire jusqu’aux oreilles qu’elle ne me rendra pas.
Quatre marches plus haut, j’y suis.
Je me sens empotée avec mon sac à dos trop gros dans le couloir trop petit.
Léo et moi rejoignons nos couchettes. Nous avons les lits 13 et 14 de la voiture 15. Nous sommes idéalement situés : pas trop près des toilettes, pas trop près du samovar, pas dans le couloir. Nous sommes en troisième classe, la « platskart », que nous partageons avec cinquante-deux autres voyageurs. Pourvu qu’ils ne ronflent pas trop.
Nous faisons nos lits et nous mettons en pyjama. Nous y resterons pour les quatre prochains jours.
Minuit trente-cinq. Le train démarre, nous quittons Moscou. Lentement.
En face de nous Alexander et Leana que nous saluons avant de nous coucher
Je me glisse sous la couette. Allongée avec les boules quies, j’ai l’impression de faire corps avec le train. Tac a tac a tac a tac a tac a tac. Les cliquetis résonnent dans ma tête et mon corps est bercé par les mouvements du train. C’est agréable, reposant. Putain mais je vais arriver à arrêter de sourire, oui ?

21 juillet, première journée

Je me réveille quand je n’ai plus sommeil. Je ne sais pas quelle heure il est. En face de moi, Alexander et Leana sont déjà réveillés et petit-déjeunent.
Léo revient du samovar avec de l’eau bien chaude. Je sors le thé de mon sac.
Nous faisons connaissance avec nos voisins. Alexander est développeur. Il rentre chez lui, en Sibérie. Quelque part près du parc Ergoki qu’il nous montre sur une carte. Ça a l’air beau. Il parle quelques mots d’anglais mais n’est pas très bavard.
Leana, elle, ne parle pas anglais, mais son envie de communiquer avec nous dépasse la barrière des langues. Elle est professeure de piano à Moscou et s’en va randonner en Sibérie, pas très loin de chez Alexander justement.
Elle me montre des photos de ses voyages, me pose des questions sur les nôtres. Avec une carte du monde et les quelques photos de nos téléphones, nous nous racontons des histoires.
Et puis elle veut apprendre le français et me pointe du doigt tous les objets qui nous entourent. Je les nomme en français, elle les nomme en russe.
En début d’après-midi, c’est l’heure de la sieste. Après avoir avalé une soupe de nouilles, tous les voyageurs du transsibérien se recouchent. Il n’y a pas un bruit. Léo bouquine dans le lit du haut. J’ai des partiels à corriger.
Le train s’avère bien plus confortable que je ne l’imaginais. La climatisation tourne la nuit, il y a une prise par lit.
En fin de journée, Léo et moi allons visiter le train. Vers l’arrière, puis en direction de la locomotive. Nous traversons chaque wagon. En passant en deuxième classe, je me rends compte que je préfère largement être en troisième. Le confort est identique mais notre wagon semble plus convivial. Je me rends aussi compte que nous avons eu de la chance. Certains wagon platskart semblent plus anciens et il y fait très très chaud !
Dans le transsibérien
Transsibérien

22 juillet, deuxième journée

Au réveil, Leana veut nous faire goûter du caviar rouge. Elle sort un petit pot. Il vient de chez sa sœur. Elle vit dans une région à l’extrême orient de la Sibérie. Ça sonne comme « Magdalena » mais ça ne doit pas être tout à fait ça. Elle nous fait comprendre qu’il y a plein d’ours dans cette région et que l’on ne peut pas s’y balader. Elle nous dit aussi que c’est sa sœur qui a pêché ce caviar.
Je mets timidement quelques œufs de poisson sur un bout de biscotte. C’est vraiment délicieux. Mais ce n’est apparemment pas assez. Leana nous prépare de généreuses tartines de caviar sur du pain beurré. Et ça nous fait un somptueux petit déjeuner !
La journée passe tranquillement. Je continue mes corrections. J’écris un peu. Léo ne décolle pas le nez de son livre. L’ambiance est calme à bord du train. Le paysage défile, doucement. Les forêts de bouleaux laissent place à d’autres forêts de bouleaux.
Lorsque le train s’arrête, nous descendons tous en pyjama sur le quai de gare. Nous pouvons y acheter de quoi grignoter. Je fais un stock de kéfir. J’adore ça.
Ça fait un bien fou cette parenthèse. Ne pas être pressé, avoir le temps de rêvasser devant le paysage qui défile… La deuxième journée à bord du transsibérien se termine et je suis loin d’être lassée. Je sens que je pourrais y rester des semaines. C’est ressourçant cette lenteur, ce calme.

23 juillet, troisième journée

À mon réveil, Alexander et Leana ont bouclé leur sac. Ils nous quittent d’un timide au-revoir et sont rapidement remplacés.
Dee arrive en premier. On verra sur son passeport qu’il est coréen. Il pue. Mais vraiment. Une odeur forte de transpiration aigre. C’est insoutenable. Nous mettons discrètement du baume du tigre sous nos narines. Il se met en pyjama. Ça va un peu mieux. Ou alors je m’habitue…
Notre second voisin est russe. Viktor. Il est militaire et va jusqu’à Vladivostok. Il fait une entrée bruyante. Quand il comprend que nous sommes français, il rit et parle fort aux autres passagers. Il parle de nous « frantsuskii » (« français ») mais c’est tout ce que je comprends.
Il revient vers nous et nous regarde, pointe deux doigts en haut de sa gorge, l’air de poser une question. Il insiste un peu d’ailleurs. Mais qu’est-ce qu’il nous veut ? Et puis il pose sa question en russe et nous comprenons « vodka ». Aaaah ! On va peut-être petit-déjeuner d’abord…
Viktor parle longuement à nos voisines de couloir, une mère et sa fille. Il leur montre sa carte militaire. Il raconte des histoires qui font rire.
Dee ne parle ni russe, ni anglais, mais sympathise avec le groupe de voyageurs asiatiques au fond du wagon.
En début de soirée, Viktor nous repropose de la vodka. Léo accepte. Je suis un peu inquiète que ça dérape. Je m’imagine que ce matin il se vantait de bourrer la gueule aux frantsuskii. Il sort une bouteille d’eau en plastique et sert des verres. Premier cul sec. Il sert un deuxième verre dans la foulée. Cette fois j’accepte aussi. Elle est plutôt bonne cette vodka. Sûrement artisanale. Il nous force à manger et tourne son doigt contre sa tempe. Et oui, si l’on boit sans manger, on a la tête qui tourne.
Léo propose que nous jouions aux cartes. Ok, plus qu’à expliquer les règles du huit américain, sans aucune langue en commun, à trois russes et un coréen. Avec quelques schémas, des mimes et une partie de démonstration, c’est mission accomplie. Nous nous lançons dans une partie avec Dee, Viktor et Dacha, la fille du couloir. Nous passons une soirée agréable tous ensemble.
Transsibérien

24 juillet, quatrième journée

C’est le dernier jour dans ce train. Nous allons bientôt faire notre première escale près du lac Baïkal. Je me sens déjà un peu nostalgique. J’aime beaucoup être là, tout est calme, tout est facile. Je ne veux pas que ça s’arrête.
Je scrute la forêt par ma fenêtre. J’ai l’espoir d’apercevoir un ours. Au milieu des bois, des villages apparaissent de temps-en-temps. Les maisons sont en bois, elles ont toutes un petit potager. Je me demande à quoi ça doit ressembler de grandir ici, au milieu de la Sibérie.
La maman du couloir nous offre de la pastèque et un poisson fumé (entier le poisson !). J’ai de longues conversations avec Lida, très vite surnommée Mamie Zinzin. Elle a des dents en or et un survêtement multicolore. Elle me parle longuement en russe et je lui réponds en français. Nous ne nous comprenons pas mais ça nous amuse toutes deux. Elle sort un pendule qu’elle fait tournoyer au-dessus de ma main. Elle en conclut un tas de choses. Si je parlais russe, je connaitrais sans doute mon avenir. Quand je pose des questions avec les yeux à mes voisins, ils me répondent avec un doigt qui tourne autour de la tempe. Aurait-elle bu de la vodka sans manger ?
Après la sieste, Viktor propose que nous rejouions aux cartes. Il commence par nous faire un tour de magie dans lequel il retrouve une carte que nous avons choisie, après que nous ayons mélangé le paquet. C’est un tour qui ne fonctionne absolument pas avec Dee qui mélange les cartes comme un véritable croupier. Léo et moi faisons également un tour de magie qui intrigue de nombreux voyageurs !
Nous enchaînons sur une nouvelle partie de huit américain. Maintenant que les règles sont assimilées, pas de cadeau ! Dee commente tous ses bons coups d’un « karacho » très grave et en riant.
Il est rapidement l’heure de faire nos sacs et de nous rhabiller après quatre jours en pyjama. Nous arrivons à 20h40, heure locale, à Irkoutsk.
Transsibérien

29 juillet, cinquième nuit

Après quelques jours à faire du vélo sur l’île d’Olkhon, sur le lac Baïkal, nous retournons à Irkoutsk pour prendre une toute dernière fois le transsibérien. À 21h, heure locale, nous gagnons les couchettes 21 et 22 de la voiture 15. Nous nous endormons rapidement en face d’Alakin.
À 5h30, le train arrive à Oulan Oudé où nous passerons la journée.

30 juillet, sixième nuit et passage de la frontière mongole

À 16h, nous embarquons pour la première fois dans le transmongol. Ce train quitte la ligne qui va jusqu’à Vladivostok pour se rendre à Oulan Bator.
Dans le transmongol, pas de troisième classe. Nous découvrons donc la deuxième, la « koupé » où nous sommes dans un compartiment pour quatre. Il y a de petits rideaux à la fenêtre et une nappe sur la table. Ça fait toute la différence.
Changement radical d’ambiance dans le train. Les voyageurs sont, pour la plupart, des touristes. Les locaux prennent le bus pour traverser la frontière mongole. C’est moins cher et plus rapide. Nous avons voulu faire pareil, mais la justesse de notre visa ne nous a pas permis de prendre ce bus qui ne peut pas se réserver à l’avance. Tant pis.
Nous partageons notre compartiment avec Katerina, voyageuse allemande qui a l’air d’avoir fait pas mal de route. Elle est prof d’allemand langue étrangère et a notamment vécu en Chine et en Ouzbékistan. Elle nous raconte ses déboires avec les autorités russes. Son avion de Munich à Irkoutsk faisait une courte escale à Moscou. Elle a été mise en garde à vue à Moscou car son visa ne commençait que le lendemain, date d’arrivée à Irkoutsk. Elle a donc raté sa correspondance. Et moi je suis contente que nous ayons choisi de ne pas tenter de prendre le bus. On ne rigole pas avec les autorités russes.
Vers 20h, nous arrivons près de la frontière mongole. Nous descendons du train et marchons un peu sur le quai. Trop loin. Nous nous faisons presser.
Premiers contrôles des russes. Ils vérifient chaque compartiment et visa. Deux heures au total. Puis nous roulons quelques kilomètres pour passer la frontière. Nouvelle vague de contrôles. Mongoles cette fois-ci. Ils courent dans tous les sens. Les contrôles prendront trois heures au total.
Nous récupérons finalement nos passeports avec de nouveaux tampons vers 1h. Léo dort déjà comme un bébé tandis que j’attends impatiemment la réouverture des toilettes, fermées lors des cinq heures de contrôles.
Transsibérien

31 juillet, arrivée en Mongolie

Nous nous réveillons avec le soleil qui se lève sur les steppes. Le spectacle est magnifique. De nouvelles aventures nous attendent dans ce pays. Je trépigne. Demain, nous récupérerons deux motos. Le train arrive à 6h50 à Oulan Bator.
Voyage en transsibérien

20 et 21 août, de Mongolie en Chine

Le tronçon du transmongol reliant Oulan Bator à Pékin est vraiment hors de prix, plus de 200 €. Nous faisons donc le trajet différemment.
Un train nous conduit d’Oulan Bator à Zamiin Uud en une nuit. C’est notre dernière nuit dans le train. Ah si seulement je pouvais faire le retour ainsi ! Nous partageons notre compartiment avec Sambo, un pasteur mongol qui nous offre des khushuurs maison, ces beignets de moutons aussi gras que bons.
Nous arrivons à 7h et devons prendre un bus pour traverser la frontière. C’est la course, nous n’avons plus de tugriks alors qu’il faut payer les contrôles. De l’autre côté, les distributeurs refusent nos cartes et nous n’avons pas de yuans pour payer le bus. Nous courons dans tous les sens avec nos sacs toujours trop lourds pour trouver un distributeur.
Nous finissons le trajet en bus jusqu’à Erlian, première ville chinoise où nous arrivons vers midi, puis en bus couchette jusqu’à Pékin, où nous arrivons à 1h mais où nous pouvons rester dormir jusqu’au petit matin.
Et nous voici à Pékin. Nous y sommes arrivés ! Nous avons rejoint Pékin depuis Lyon sans avion. Quelle joie, quelle fierté !
Je t’embrasse.
Léa

Ami voyageur, si tu veux aussi faire ce voyage, voici quelques conseils pratiques :

Je vais répondre pour le cas que je connais : celui d’un français.
Le visa russe est réputé compliqué à obtenir : c’est beaucoup de paperasse et une ambassade très pointilleuse. Mieux vaut réunir les pièces de son dossier avec soin.
Tu auras notamment besoin :
• d’une invitation – un particulier ou ton hébergement peut s’en charger même si c’est pas mal de démarches. Pour notre part nous avons choisi de passer par une agence moyennant une vingtaine d’euros ;
• d’une assurance ; pour ma part, celle fournie par ma carte bancaire ne suffisait pas du fait des plafonds demandés, j’en ai donc souscrit une auprès d’une agence spécialisée dans le voyage ;
• d’un programme détaillé, indiquant où tu seras, quel jour, où tu dormiras, comment tu te déplaceras, avec réservations à l’appui. Ce programme, tu ne seras pas obligé de le suivre sur place. Nous avions réservé tous nos logements pour la demande de visa avant d’annuler nos réservations pour être flexibles.
Attention : le visa touristique classique est de 30 jours, mais te sera délivré de date à date selon le programme que tu auras fourni. C’est-à-dire que si ton programme fait 16 jours, tu ne pourras pas voyager plus de 16 jours. Je te conseille donc de faire un programme un peu plus large pour être un minimum flexible.
Pour la demande en elle-même, nous sommes passés par l’agence Action Visas qui nous avait été conseillée car nous étions très justes sur les délais (3 visas à obtenir en 1 mois…), mais tu peux facilement t’en passer si tu as un peu plus de temps.
Pour acheter ton billet, tu peux soit le faire sur place en arrivant à Moscou (ou à Vladivostok ou ailleurs sur la ligne), soit l’acheter en ligne sur le site rzd.ru. Cette dernière option te permet d’avoir plus de chances de choisir ta place dans le wagon.
Je te conseille de prendre une place en milieu de wagon et pas dans le couloir où il y aura beaucoup de passages. Tu as le choix entre le lit du haut et le lit du bas. Il faut savoir que l’on ne tient pas assis dans le lit du haut et que les deux passagers partagent la couchette du bas durant la journée. Si tu voyages à deux, je vous conseille de prendre un lit du haut et un lit du bas.
Tu achètes tes billets au fur et à mesure sur la ligne du transsibérien, afin de pouvoir gérer tes escales.
Nous avons payé environ 70 euros pour faire Moscou – Irkoutsk. Si tu ne voyages pas en été, le billet est à 45 euros environ.
Nous avons payé environ 15 euros pour faire Irkoutsk – Oulan Oudé et 60 euros pour faire Oulan Oudé – Oulan Bator.
Nous avons payé environ 20 euros pour faire Oulan Bator – Zamiin Uud en train puis Zamiin Uud – Pékin en bus.
Au total, nous avons donc voyagé de Moscou à Pékin pour environ 165 euros chacun.
Un samovar est à disposition dans le train pour fournir de l’eau chaude à tout moment. Nous avons donc mangé de nombreuses soupes de nouilles. On peut également acheter à manger dans le train et sur le quai de gare, à chaque arrêt. Le train s’arrête généralement au moins vingt minutes.
Il y a deux toilettes pas wagon avec un petit robinet. Tu peux facilement y faire une toilette de chat.
• La Russie traverse neuf fuseaux horaires mais les gares et les billets de train sont tous à l’heure de Moscou.
• Je te conseille d’apprendre à minima l’alphabet cyrillique pour pouvoir déchiffrer les destinations des trains. Quelques mots de base peuvent être utiles aussi, les russes ne brillent pas par leur niveau d’anglais.
• Tu peux demander à ce que l’on te prête une belle tasse pour la durée du trajet.

Tu aimeras aussi lire :

Cet article a 10 commentaires

  1. Ta correspondance est magique! Moi qui en rêve, j’ai pu m’imaginer entendre le bruit sourd du train sur les rails, la vie qui s’anime et s’invite dans une certaine lenteur,une attente. J’ai beaucoup ri avec le passage sur votre voisin coréen ! Merci pour cette jolie description !

    1. Merci pour ton message Gaëlle ! J’ai tellement hâte de pouvoir revivre ce voyage à travers ta plume et tes photos aussi ! En hiver, ça doit être tellement magique ! 🙂

  2. Une fois de plus on se régale de ton voyage transsiberien avec toutes tes anecdotes et tes merveilleux souvenirs vécus enfin réalisés.

  3. Bravo et merci du partage!! On voyage avec toi..du lointain de ma Normandie je vous embrasse amis inconnus

  4. Il est super cet article ! J’aime beaucoup les voyages en train et c’est carrément tentant. Le transsibérien, c’est pas rien ! Les infos seront sûrement utiles un jour 😉 Bravo !

    1. Merci beaucoup Lola ! J’espère que vous vous laisserez tenter. 🙂

  5. En effet, rien que l’évocation de ce train suscite rêveries et évasion et c’est une invitation au voyage. Les petits gestes quotidiens qui se tissent dans ce train et la façon dont les décrit m’a beaucoup plu !

Laisser un commentaire

Fermer le menu