Blog voyage épistolaire

Cher voyageur, cher motard,

Connais-tu la Lozère ? Le département de France le moins peuplé est sans doute l’un des plus agréables à découvrir à moto. Des plateaux de l’Aubrac jusqu’aux gorges du Tarn, les paysages sont variés mais ont en commun l’émerveillement après le virage et l’accueil chaleureux des Lozériens. Je dois t’avouer que la vie en Lozère, immergée en pleine nature, a de quoi faire rêver la lyonnaise que je suis encore un peu.

Nous avons été invités à nous balader dans le département pendant trois jours. Tu nous suis ?

 

Première journée : sur les plateaux de l’Aubrac

Nasbinals

Nous commençons notre journée par une visite du joli village de Nasbinals, tout en grosses pierres. Nasbinals est sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle et est le départ du GR65. Le cœur du village bat donc pour la randonnée et ça lui confère une ambiance toute particulière que j’ai beaucoup aimé.

Après t’être baladé dans les ruelles de Nasbinals, je te conseille d’aller faire un tour dans la très jolie boutique « La grange aux thés » qui décline le thé d’Aubrac sous différente forme, puis d’aller te balader sur les hauteurs qui offrent un beau point de vue sur le village.

Si la balade t’ouvre l’appétit, remonte donc en selle quelques instants pour aller goûter quelques spécialités d’Aubrac au buron de Bès. Le souvenir de l’aligot me fait encore saliver !

La route des lacs de l’Aubrac

C’est le ventre bien plein que nous poursuivons sur la route des lacs de l’Aubrac, la D52, qui a su régaler à la fois la motarde et la photographe que je suis.

Quelques arrêts s’imposent :

  1. un peu à l’écart, le joli pont de Marchastel ;
  2. tout au début de la route, la magnifique cascade de Déroc et ses orgues basaltiques ;
  3. un peu plus loin, en direction de La Canourgue, d’autres orgues basaltiques sous un pont qui passe au-dessus de la Plèches ;
  4. et les lacs, bien sûr ! Les quatre lacs glaciaires qui donnent son nom à la route : le lac des Salhiens, le lac de Souveyrols, de Saint Andéol et de Born ;
  5. le buron de la Treille aux Salces, le seul buron encore en activité sur l’Aubrac. Il produit de la fourme Laguiole Buron AOP (miam !). Si tu y passes, goûte un bout de fromage pour moi, il était en livraison quand nous nous y sommes rendus ;
  6. le joli village de La Canourgue et ses canaux qui se faufilent entre les maisons en grosses pierres et les rues pavées.

Même si la route peut être parcourue en trois quart d’heure, je te conseille vraiment de lui réserver au moins une demi-journée pour en profiter pleinement. Tu verras, elle en vaut le coup !

En fin de journée, nous suivons une toute petite route qui monte jusqu’au Montet, près des Salelles. À la fin de la route, dépaysement total : un camp de tipis ! Nous avons passé la soirée et la nuit dans le très chouette camp Zackary Tipis où six tipis font face à une vue magnifique sur l’Aubrac. La soirée se passe autour du feu de camp sous les étoiles ; c’était juste parfait !

Deuxième journée : du haut des causses jusqu’aux gorges

Le point Sublime

Au petit matin, nous quittons les territoires amérindiens, et une demi-heure plus tard, nous surplombons sublimement le Tarn. La journée débute au point Sublime, qui porte particulièrement bien son nom. Quelques centaines de mètres plus bas, la rivière prend un virage nous permettant d’en admirer un plus grand bout, tout autour les falaises, en face le causse Méjean. Sublime point Sublime.

La maison des vautours

Reprenons la route. Nous descendons du causse de Sauveterre, direction les gorges du Tarn, par une magnifique petite route à virages où nous roulons quasiment seuls ce matin-là, surveillés par quelques vautours. C’est justement eux que nous venons observer.

Nous avons rendez-vous à la maison des vautours à Meyrueis. Nous sommes accueillis par Elsa – c’est elle qui a organisé nos trois jours en Lozère – et par l’équipe de la maison des vautours. On nous présente les quatre espèces qui vivent dans la région, on nous montre les premiers battement d’ailes d’un jeune vautour filmé par les caméras de la maison et puis vient l’heure de les observer.

Déjà, à l’œil nu, on repère facilement le ballet des vautours fauves qui sont nombreux dans ces falaises. Difficile d’imaginer qu’ils avaient complètement disparus, empoisonnés et chassés par l’humain, il y a quelques décennies de cela. Avec les jumelles de l’observatoire, on peut les repérer dans leur nid. C’est très chouette.

Il parait même que nous devrions jouer au loto : nous avons pu apercevoir le vautour percnoptère qui est un vautour migrateur et l’immensissime vautour moine qui niche à la cime des arbres et qui en devient très difficile à repérer. Heureusement, nous avons pu suivre le regard expert de nos guides passionnés.

À l’heure du déjeuner, nous nous rendons au Rozier, tout près de là, pour déguster quelques spécialités de la région délicieusement revisitées par le restaurant l’Alicanta, tout en profitant d’une belle vue sur le clocher de Peyreleau, en Aveyron, de l’autre côté de la Jonte.

Le hameau de la Sablière

En début d’après-midi, nous rejoignons le hameau de la Sablière qui a la particularité de n’être relié à aucune route. Nous traversons donc le Tarn en barque et c’est Albin qui nous y accueille. Il est responsable de l’association qui s’occupe de ce petit village privé. Ancien publicitaire, le gars est un personnage.

Il nous explique que l’association redonne une vie à ces vieilles pierres par l’échange et en prônant l’éveil social, culturel et environnemental. Les passants sont invités à se poser, à arrêter le cours de leur vie, le temps de prendre le temps de contempler.

L’association a aussi pour rôle de réhabiliter le magnifique hameau de la Sablière. Un chantier était justement en cours pour remettre d’aplomb les terrasses qui permettent de cultiver les falaises des gorges du Tarn. C’est une équipe de volontaires qui s’en charge. D’ailleurs, ça aussi, c’est quelque chose que prône Albin : le travail avec ses mains.

Si nous avions eu un peu plus de temps (les clés du hameau sont rendues aux propriétaires début juillet), nous y serions restés quelques jours pour filer un coup de main et vivre dans cette petite communauté. Une prochaine fois.

Paddle de nuit dans les gorges du Tarn

En fin d’après-midi nous quittons Albin et toute l’équipe pour nous rendre au village de la Malène, toujours dans les gorges du Tarn. Nous installons nos affaires dans le magnifique manoir de Montesquiou où nous passerons la nuit.

Mais avant que celle-ci ne tombe, nous nous équipons pour faire du paddle. Ce sera la première fois pour Léo et moi. Nous sommes accueillis par la bonne humeur de l’équipe du moulin de la Malène qui nous fait goûter à de la flaune, tarte locale au fromage de chèvre, avant de nous mettre à l’eau.

La balade commence, nous suivons Sébastien. Le coup de main se prend rapidement, nous sommes vite à l’aise sur les paddles. Et nous sommes surtout seuls sur le Tarn.

Nous descendons la rivière sur huit kilomètres. Les jolies lumières de fin de journée laissent doucement place à la nuit étoilée tandis que nous plongeons notre rame lumineuse d’un côté puis de l’autre. Silence. Nous écoutons la rivière. Le courant de l’eau, les chouettes qui s’éveillent et les castors. Nous guettons les bords de la rivière à la recherche de ces gros rongeurs. Un claquement sur l’eau derrière nous. Nous étions observés. Quand nous apercevons un léger mouvement, nous restons immobiles. Le castor, curieux, se rapproche un peu. Chanceuse, deux d’entre eux sont même passés sous mon paddle. Ce sont des grosses bestioles quand même !

Après plusieurs heures, la balade touche à sa fin et nous posons pied à terre, apaisés. Muriel met des mots sur notre sensation : « Ça détend même quand on n’est pas tendus. ».

Troisième journée : au Sud de la Lozère

Sainte Énimie et Florac

Nous quittons le manoir et rejoignons Sainte Énimie en faisant un détour par le haut du causse Méjean. La route qui y grimpe à la Malène nous faisait de l’œil.

Sainte Énimie (quatre premières photos) est un très joli village médiéval, l’un des plus beaux de France paraît-il, où l’on se balade avec plaisir sur les pavés des petites rues, entre les maisons en calcaire aux devantures fleuries. Nous marchons au hasard, le nez en l’air ; c’est beau partout. Nous finissons notre tour à la source de la Burle dont les eaux, en plus d’être incroyablement turquoises, soignent de la lèpre les princesses mérovingiennes. Énimie, la sœur du roi qui a mis sa culotte à l’envers plus précisément.

Nous remontons sur nos motos, direction Florac (quatre dernières photos), un autre joli village à l’entrée des Cévennes. Là encore, nous prenons plaisir à nous balader dans les petites rues pavées de la ville et dans ses alentours. À Florac, la nature est partout autour, nous en profitons donc pour marcher un peu à l’ombre des bois.

Observation des chevaux de Przewalski

Nous poursuivons notre route, direction Hures-la-Parade où, à notre grande surprise, il existe une réserve de chevaux de Przewalski. Une association s’occupe ici de préserver l’espèce. Nous connaissons ces chevaux de nom : ce sont les derniers chevaux à n’avoir jamais été domestiqués et nous sommes passés à moto dans leur habitat naturel, les steppes de Mongolie. Nous n’avions alors pas eu la chance d’en apercevoir. Ici, un troupeau de vingt-cinq chevaux vit dans quatre cent hectares. Les paysages ressemblent à s’y méprendre à ceux que nous avons pu observer au centre de la Mongolie. C’est complètement dingue, nous étions dans les gorges du Tarn quelques heures plus tôt !

Nous avons eu la chance d’apercevoir une partie du troupeau. Ils étaient un peu loin de nous mais nous avons pu les observer avec le téléobjectif de mon appareil photo.

Ah si nous avions su, après notre périple en Asie, que c’est en Lozère que nous verrions pour la première fois des chevaux de Przewalski ! Quelle belle surprise !

L’aven Armand

Le voyage se poursuit vers le centre de la Terre où Jules Verne nous attend pour nous faire découvrir l’aven Armand, certainement le plus spectaculaire des grottes et avens que je n’ai jamais vus ! J’en profite pour glisser une petite info que j’ai apprise lors de la visite : la différence entre un aven et une grotte est dans l’entrée ; on rentre par en haut dans un aven et par une entrée frontale dans une grotte.

Ici, l’aven Armand se compose d’une salle principale absolument gigantesque : elle pourrait contenir la cathédrale Notre Dame de Paris (flèche incluse) et est recouverte d’une forêt de stalagmites, dont la plus haute au monde connue à ce jour (trente mètres quand même !). Tout du long de la visite, des clins d’œil lumineux sont fait à l’univers de Jules Verne, mêlant ainsi monde réel et monde imaginaire pour un voyage qui nous a particulièrement séduit.

Les brasseurs de la Jonte

Nous regagnons la surface et finissons notre voyage à moto en Lozère sur les bords de la Jonte, à la Gatuzière, où nous dégustons d’excellentes (mais vraiment !) bières, directement chez les brasseurs de la Jonte qui nous font découvrir leur large gamme de bières (et même limonades).

Cher motard, cher voyageur, je te souhaite de te régaler autant que nous nous sommes régalés à découvrir la Lozère à moto.

 

Je t’embrasse.

Léa

 

PS : Merci encore Elsa pour l’invitation, l’organisation et les belles découvertes !

  1. La grange aux thé : place du Foirail à Nasbinals ;
  2. Buron du Bès (pour goûter un bon aligot) : le pont de Gournier à Recoules-d’Aubrac ;
  3. Le buron de la Treille (à visiter) : aux Salces ;
  4. Zackary Tipis : le Montet, aux Salelles ;
  5. La maison des vautours : sur la D996 à Meyrueis ;
  6. Restaurant l’Alicanta : Lou Pont au Rozier ;
  7. Le manoir de Montesquiou : à la Malène ;
  8. Paddle de nuit dans les gorges du Tarn : au Moulin de la Malène, à la Malène ;
  9. Observation des chevaux de Przewalski : le Villaret, à Hures-la-Parade ;
  10. L’aven Armand à Hures-la-Parade ;
  11. Les brasseurs de la Jonte : au Mas Pradès, à la Gatuzières.

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Cet article a 1 commentaire

  1. Merci, ma Bichette, pour ce beau voyage en Lozère, c’est magnifique et tu racontes si bien qu’on peut s’y croire !! Continuez à vous régaler et UN GRAND MERCI de nous en faire profiter. Gros, gros bisous de nous deux à vous partager. Mamie Anne et Jean-Paul.

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