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Visiter Séville

Oli,

Tu arrives à Séville tandis que nous en partons. Nos gros sacs à dos nous invitent à échanger quelques mots. Tu viens de traverser le Portugal, toi aussi. Oli, avant que tu ne descendes de ce bus, je veux partager avec toi ce qui m’a marqué dans cette ville.

Chaleureuse Séville

Quand les portes du bus s’ouvriront, tu sentiras cette bouffée de chaleur qui caractérise Séville. Tu t’y habitueras très peu. Il fait chaud en Andalousie. Tu pensais avoir eu chaud dans le Sud du Portugal ; c’est au-delà de ça.

Tu le remarqueras vite, la vie sévillane s’est organisée autour de cette chaleur. Il n’existe pas de rue plus calme qu’une rue de Séville un après-midi d’été. Et le soir venu, une foule apparaît, les rues s’animent comme par magie aux rythmes de la musique populaire.

Prends le temps de te perdre dans les petites rues. Le charme de cette ville se trouve dans le coude de ces rues étroites, couvertes de fleurs. Tu remarques ? Ces fleurs justement. Elles colorent et parfument Séville, mais surtout elles la maintiennent à l’ombre. Les pavés ne connaissent pas directement les rayons agressifs du soleil. Nous qui étions pressés par le temps, nous avons tout de même pu nous balader dans la ville en après-midi. Oui, par moment, ma tête se mettait à tourner, mais les fleurs ont pris soin de moi.

Gourmande Séville

De Séville, je rapporterai également de savoureux souvenirs. Un souvenir sucré des churros con chocolate au petit déjeuner. Cher Oli, je te conseille vraiment de petit déjeuner au moins une fois au bar el Comercio. Son ambiance est au moins aussi délicieuse que ces churros.

Mais Séville, c’est avant tout le goût des tapas. Je crois que nous en avons mangé à tous les repas. Ces tapas, Oli… Oh je pourrais vivre en Espagne juste pour elles ! Après avoir testé plusieurs bars, nous avons trouvé le nôtre : la bodega dos de Mayo, sur la place éponyme. Nous nous sommes gavés : du poisson frit, du jambon cru et encore du jambon (ce jambon est une œuvre d’art, parole de gourmande), des beignets d’aubergines caramélisés (Léo est tombé en amour), des anchois marinés, des croquettes, des crevettes à l’ail… J’avais goûté les crevettes à l’ail pour la première fois à Barcelone, depuis c’est sans l’ombre d’un doute mes tapas préférées. Pensais-tu possible que la réalité puisse dépasser à ce point un souvenir qui était déjà merveilleux ? Les serveurs sympathiques riaient de nous voir manger tout ça. Ils avaient raison, nous n’avons pas réussi à finir.

Royale Séville

Je cesse de parler de choses qui donnent faim pour te dire un mot sur le symbole de la ville. Le palais royal de l’Alcazar. Malgré les milliers de reportages que j’avais vus sur lui, il a réussi à me surprendre. Du moins, à m’impressionner. La finesse de son architecture est remarquable. Le palais est construit tout en arabesques et en mosaïques. J’avais l’impression d’être de retour à Marrakech. Et partout, l’eau est au cœur du palais. Dehors, les hauts palmiers et les orangers chargés forment un oasis de fraîcheur. Les jardins de l’Alcazar respirent la paix et la tranquillité. Arrives-tu à imaginer toi, les arabes combattant les vikings ici même ?

Fière Séville

Et Oli, comment te raconter Séville sans parler de flamenco ? Le flamenco, c’est à la fois un chant, une danse et une musique, né d’un fin mélange de cultures indiennes et arabes. Le quartier de Triana à Séville, est considéré comme le berceau de cet art. Et c’est sur les routes, aux côtés des gitans, que le flamenco s’est répandu dans toute l’Andalousie.

Tu ne peux pas quitter Séville sans avoir vibrer au moins un soir devant un spectacle de flamenco. Léo et moi avons choisi d’aller à celui que proposait la casa de la memoria. Deux guitaristes, un chanteur, un danseur et une danseuse se sont produits avec énergie devant un public restreint et subjugué. Le flamenco m’impressionne par la fierté de ses artistes. C’est à chaque fois ce que je ressens. À coups de talons sur le parquet, à coups de claquements de doigts effrénés, à l’aide des vibrations frénétiques des cordes de la guitare, en poussant encore plus loin une voix puissante… les artistes défendent fièrement cette riche culture. Ils peuvent l’être – fiers – le spectacle est magnifique !

Cher Oli, profite bien de ton séjour dans cette ville qui est magnifique.

Je t’embrasse.

Léa

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Cet article a 2 commentaires

  1. Quel beau texte encore pour « chanter » Séville, une ville que je connais bien et qui est merveilleuse !! Merci, Léa, de partager tes belles découvertes et gros bisous à partager aussi.
    Mamie Anne.

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